Doctor Who : Agent Provocateur – La Review

Doctor Who : Agent Provocateur – La Review

A l’instar de Milady qui publie en France les romans Doctor Who, French Eyes édite et publie les comics autour du personnage phare de la BBC. Premier tome : Agent Provocateur, qui reprend la mini-série d’IDW publiée en 2008 et écrite par Gary Russell (membre de l’équipe de production de la série TV, écrivain entre autre de Doctor Who – La Chasse au Mirage).

Situant son récit pendant la période du Dixième Docteur, Gary Russel nous sert sur un plateau un vrai script de série TV. Ten et Martha voyagent à travers le temps et l’espace pour déjouer un complot en forme de de compote malformée pleine de pesticide. « Une gigantesque saga cosmique » nous assène l’éditeur. « D’impitoyables ennemis« . On nous promet le graal, on veut nous faire atteindre l’Olympe. Malheureusement, aucune émotion de cet acabit là n’est présente. Pire, une seule émotion domine pendant la lecture de ce comics : l’ennui. 

One Pond Miss

Pourtant, Gary Russell vend bien son poisson. Le premier épisode (Nick Roche au dessin – dessinateur en particulier des séries TRANSFORMERS pour IDW) arrive à titiller notre curiosité. Le démarrage est progressif mais maîtrisé, de jolis moments sont au programme (milkshake party). On passera sur la résolution « d’enquête » qui manque de révolution mais l’essentiel est préservé : nous divertir. 

Cependant, le bât va vite blesser et l’épisode suivant va être synonyme de désillusion. Outre un lien qui manque de tact entre le premier et le deuxième épisode, le complot intergalactique de la mort qui tue se met en place et on comprend alors très vite la trame classique que nous concocte Gary Russell : d’épisodes en épisodes, il va nous servir une histoire stand-alone parsemée de bribes d’histoire globale qui va concorder dans un final synonyme de soufflé (aux pommes). C’est classique, déjà-vu et on craint à chaque page la tournure des évènements toutes plus ridicules et mal-présentées les unes que les autres. La succession de bulles lourdes, longues et indigestes pour faire avancer le récit est pénible et prouve le problème de rythme de Doctor Who : Agent Provocateur et la non compréhension du média de l’auteur.

On suit donc sans enchantement et sans envie d’en voir le bout du tunnel (enfin, si… mais seulement pour refermer le bouquin) les péripéties de nos deux compères. D’autant plus, qu’en dehors de nous servir une histoire calamiteuse, Gary Russell n’arrive pas à insuffler une âme aux personnages (les motivations des personnages sont alarmantes d’ennui) et des dialogues punchy qui se doivent de faire mouche sont aux abonnés absents. Pourtant, il y avait moyen de ne pas louper son coche et réussir à amener le lecteur devant des situations rocambolesques mais maîtrisées. Tout au long de la lecture, vous aurez donc l’occasion de croiser des chats géants qui lancent des rayons avec leurs yeux, des statues de sables et quelques autres idées qui, sur papier, avaient toutes l’air d’être de bonnes idées pour nous servir une histoire correcte de Doctor Who en comics. Malheureusement, la réalité est bien différente, le parallèle entre la progression de la lecture et l’ennui qui se fait de plus en plus sentir n’en est que plus important. Gary Russel a raté son coche et une occasion d’écrire une bonne histoire.

Par ailleurs, le manque de cohésion entre les dessinateurs est frappant et décevant pour une mini-série. Certains apprécieront tel ou tel dessinateur même si le trait de Mirco Pierfederici ne m’a guère convaincu et m’a semblé en deça de ses compatriotes. Malgré tout, pris chaucun à part, leur travail est somme toute assez correct (Nick Roche s’en sort bien et livre un travail cartoonesque agréable et frais) mais ramené ensemble, le milkshake manque de mordant et l’indigestion nous guette. 

French Panini Eyes 

Le jeune éditeur français (ZOMBIE TALES, DRACULA de Busiek ou le HELLRAISER de Clive Barker), fidèle à ses habitudes, nous présente le comics dans un format souple proche du ton adopté par Panini Comics. L’édition est soignée, le papier de qualité, la couverture adéquate (même si Nick Roche est bien plus à l’aise sur le travail intérieur que sur cette planche pleine page) et les tournures de phrases ne semblent pas scandaleuses même si on dénote certains ajustements boiteux et quelques erreurs de débutants. Un petit mot sur la tranche du livre bien classique même si un petit logo Doctor Who nous aurait ravi. Trêve de fine bouche : l’édition est correcte et French Eyes nous livre un travail de qualité. 

Doctor Who : Agent Provocateur est donc une déception. Gary Russel n’arrive pas à inssufler une âme autour de son récit qui manque de péripéties aguicheuses pour contenter le lecteur. Les dialogues sont de faible niveau, le dessin manque de liant et on retiendra surtout une édition soignée de la part de FRENCH EYES. Vite lu, vite oublié.

A propos de Woulfo

J'écris pour Comicsblog.fr mais j'ai très mauvais goût. Muse, John Romita Jr et les Spider-Man de Sam Raimi sont mes amis. Mais il y a une lueur d'espoir dans toute brume : j'aime Doctor Who.

3 commentaires

  1. Il y a une seule histoire en comics DW qui m’ait marqué : Room with a Deja View.
    Bon c’est juste un single VO, donc ça vaut pas le coup d’acheter un album pour ça, mais c’est vraiment le genre d’histoire impossible à faire en série ou en livre et qui profite vraiment de son médium.
    Peut être un peu trop prise de tête pour ce que c’est, mais je conseille cette histoire à tous les fans de DW!

  2. Je confirme. « Les Oubliés » est vraiment sympathique. Ecriture plus posée, redondante mais intéressante.

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